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Cinquième signature (apposée à la seconde page du testament). Écriture très-tremblée. Seules lettres distinctes : WILLM SHA K SP R.

Sixième signature (apposée au bas du testament). Écriture très-tremblée. Seules lettres distinctes : WILLIAM SHAKSP.

Telle est l’analyse fidèle et minutieuse des six signatures qu’a laissées l’auteur d’Othello. Si c’est d’après ces indications que Malone a voulu trouver la certitude, certes je comprends son embarras. Mais je ne puis m’expliquer l’utilité d’une pareille recherche.

Pour savoir comment écrire le nom de l’auteur de la Tempête, est-il besoin de fouiller les archives du British Museum ou de la corporation de Londres ?

Quand Malone eut la malencontreuse idée de la réformer, l’orthographe de ce nom fameux avait été fixée depuis près de deux siècles par une série de documents authentiques. Dix-huit pièces avaient été publiées du vivant du poëte avec ce nom imprimé en grosses lettres sur la première page : SHAKESPEARE.

Le théâtre complet du poëte avait été publié, en 1623, par ses deux camarades Heminge et Condell, dans un gros volume in-folio, sur le titre duquel resplendissait ce nom en majuscules monumentales : WILLIAM SHAKESPEARE.

Dira-t-on que cette orthographe est le résultat d’une méprise ? Que les dix-huit pièces imprimées du vivant de leur auteur ont paru à son insu ? Objectera-t-on que la grande édition de 1623 a paru sept ans après la mort du poëte et que ses camarades avaient oublié son nom ? Eh bien, on n’a qu’à consulter les documents contemporains. Tous s’accordent à répéter la même orthographe.

Voici le critique Meres qui écrit, en 1598, dans son Trésor de l’Esprit : « As Plautus and Seneca are accounted the best for comedy and tragedy among the Latines, so Shakespeare, among the English, is the most excellent in both kinds for the stage. — De même que Plaute et Sénèque sont regardés comme les meilleurs pour la tragédie et la comédie parmi les Latins, de même Shakespeare, parmi les Anglais, est le plus parfait dans les deux genres pour la scène. »

Voici le roi Jacques Ier qui, en 1603, accorde à la troupe du Globe une licence ainsi conçue :

« Pro Laurentio Fletcher et Wilhelmo Shakespeare et aliis. A. D. 1603. Pat.