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À Démétrius.

— Ils voulaient se sauver ; ils voulaient, Démétrius, — nous frustrer tous deux, — vous, de votre femme, moi, dans ma décision — qu’elle serait votre femme.


DÉMÉTRIUS

— Monseigneur, la belle Héléna m’a révélé leur évasion, — le dessein qui les amenait dans ce bois ; — et par fureur je les y ai suivis, — la belle Héléna me suivant par amour. — Mais, mon bon seigneur, je ne sais par quel pouvoir, — (un pouvoir supérieur, à coup sûr, ) mon amour pour Hermia — s’est fondu comme la neige. Ce n’est plus pour moi maintenant — que le souvenir d’un vain hochet — dont je raffolais dans mon enfance ; — et maintenant toute ma foi, toute la vertu de mon cœur, — l’unique objet, l’unique joie de mes yeux, — c’est Héléna. C’est à elle, seigneur, — que j’étais fiancé avant de voir Hermia. — Elle me répugnait comme la nourriture à un malade : — mais, avec la santé, j’ai repris mon goût naturel. — Maintenant je la désire, je l’aime, j’aspire à elle, — et je lui serai fidèle à jamais.


THÉSÉE

— Beaux amants, voilà une heureuse rencontre. — Nous entendrons tout à l’heure la suite de cette histoire. — Égée, je prévaudrai sur votre volonté ; — car j’entends que, dans le temple, en même temps que nous, — ces deux couples soient unis pour l’éternité. — Et, comme la matinée est maintenant un peu avancée, — nous mettrons de côté notre projet de chasse. — En route, tous, pour Athènes. Trois maris, trois femmes ! — Nous aurons une fête solennelle. — Venez, Hippolyte.

Sortent Thésée, Hippolyte, Egée et leur suite.



DÉMÉTRIUS

— Ces aventures me paraissent minimes et impercepti-