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VOLTEMAR.

Le plus ample renvoi de compliments et de vœux. — Dès notre première entrevue, il a envoyé l’ordre de suspendre — les levées de son neveu, qu’il avait prises — pour des préparatifs contre les Polonais, — mais qu’après meilleur examen, il a reconnues — menaçantes pour votre altesse. Indigné — de ce qu’on eût ainsi abusé de sa maladie, de son âge, — de son impuissance, il a fait arrêter — Fortinbras, lequel s’est soumis sur-le-champ, a — reçu les réprimandes du Norwégien, et enfin — a fait vœu devant son oncle de ne jamais diriger — de tentative armée contre votre majesté. — Sur quoi le vieux Norwégien, accablé de joie, — lui a accordé trois mille couronnes de traitement annuel, — ainsi que le commandement pour employer les soldats, — levés par lui, contre les Polonais. — En même temps il vous prie, par les présentes, — de vouloir bien accorder un libre passage — à travers vos domaines pour cette expédition, — sous telles conditions de sûreté et de garantie — qui sont proposées ici.


LE ROI.

Cela ne nous déplaît pas : à nos heures de loisir — nous lirons ces articles et nous répondrons. — En attendant, nous vous remercions de votre bonne — besogne. Allez vous reposer. Ce soir nous nous attablerons ensemble. — Soyez les bienvenus chez nous !

Sortent les ambassadeurs.



CORAMBIS.

Voilà une affaire très-bien dépêchée. Maintenant, monseigneur, pour revenir au jeune prince Hamlet, — il est certain qu’il est fou. Donc fou, accordons qu’il l’est. — Maintenant pour connaître la cause de cet effet, — ou plutôt la cause de ce méfait, — car cet effet est le méfait d’une cause…