Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1865, tome 1.djvu/122

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

peut-il lui faire, — puisqu’elle est immortelle comme lui-même ? — Va, je te suis.


HORATIO.

Monseigneur, soyez raisonnable ; vous n’irez pas.


HAMLET.

Ma fatalité me hèle et rend ma plus petite artère — aussi robuste que les muscles du lion néméen. — Il m’appelle encore… Lâchez-moi, messieurs. — Par le ciel, je ferai un spectre de qui m’arrêtera. — Arrière, vous dis-je !… Marche, je te suis.


HORATIO.

L’imagination le rend furieux.


MARCELLUS.

Il y a quelque chose de pourri dans l’empire du Danemark.


HORATIO.

Allons sur ses pas. À quelle issue aboutira ceci ?


MARCELLUS.

Suivons-le ; il n’est pas prudent de lui obéir à ce point.

Ils sortent.



Scène V

[Une autre partie de la plate-forme.]


Entrent le Spectre et Hamlet.



HAMLET.

Je n’irai pas plus loin ; où veux-tu me conduire ?


LE SPECTRE.

Écoute-moi bien.


HAMLET.

J’écoute.