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Certes, la société n’évolue pas sans heurts, sans crises douloureuses, sans chocs sanglants. Souventes fois des révoltes rageuses, dictées par l’indignation sentimentale ou insufflées par la foi en le pouvoir salutaire des violences, éclatent, tôt réprimées dans l’horreur des réactions bourgeoises. Elles ont leur utilité. Elles sont inévitables. Mais il ne faut pas s’illusionner sur leur sort. Il ne faut pas surtout, se leurrer quant à la valeur transformatrice de la force, — de la force aveugle des foules fanatisées.