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L’auteur aperçut l’île pour la première fois du haut de la pointe Saint-Mathieu.

C’était à l’époque où les constructions massives du sémaphore et du poste de la télégraphie sans fil n’avaient pas encore défiguré cet endroit unique. Le roc, dominant les eaux, bardé de la frêle architecture de son abbaye en ruines, s’élançait vers l’Océan comme un chevalier du moyen âge, dans un vain et prestigieux défi.

Il y avait là, sous le soleil encore vibrant de la fin d’une après-midi d’été, une équipe de terrassiers qui entamaient devant l’antique édifice les premiers travaux de profanation. La chapelle, derrière laquelle se détachait la crudité blanche du phare, apparaissait comme un gite délicieux de silence et d’ombre. Dans les