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Page:Satyre menippee garnier freres 1882.djvu/006

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L’horreur de l’injustice, le respect des institutions du pays, des anciennes mœurs et des traditions nationales ; la haine de l’étranger cherchant à établir son influence sur la direction des affaires intérieures de la France ; le mépris pour le despotisme des masses ; l’impatience et la fatigue que causent l’instabilité et la faiblesse d’un gouvernement de hasard ; mais surtout le dégoût pour cette foule d’ambitieux grands et petits, de gens tarés, sans conscience, sans autre mobile que l’intérêt personnel, qui surgissent de partout aux époques de troubles ; enfin la raison, le bon sens, rassemblèrent tout à coup, au moment le plus critique, cinq hommes de professions diverses, presque inconnus les uns aux autres, et originaires de provinces éloignées. L’amour de la justice et du droit, le sentiment de l’honneur de la France, la compassion pour ses misères, et cette certitude de juger et de peser sainement les choses pour le bien et l’intérêt de tous, qui n’appartient qu’aux esprits justes et détachés de toute ambition personnelle, leur inspirèrent un pamphlet, œuvre de raison et de bonne politique en même temps que chef-d’œuvre d’esprit, d’éloquence et d’ironie.

Avant d’examiner ce que furent ces hommes de talent doublés d’hommes de bien, il n’est pas inutile de jeter un coup d’œil rapide sur l’ensemble des événements qui leur inspirèrent l’œuvre satyrique à laquelle ils doivent une renommée populaire.

Dès le règne de François II, les dissensions religieuses avaient amené la guerre civile. Les troubles ne s’apaisaient un instant que pour se ranimer bientôt avec une nouvelle violence. Si l’apaisement se faisait dans une pro -