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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/523

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Ce jeune homme naguère si frivole, occupé de voitures, de chiens et de chevaux, devenu grave et pensif, avait avec sa femme des entretiens sérieux. Elle l’écoutait avec déférence et s’accusait à son tour de l’avoir méconnu. Ainsi, par une pente insensible, ils arrivaient à l’amour, qu’ils n’avaient pas cherché ; mais le souvenir de leur mariage, conclu sous les auspices d’une double promesse et suivi d’une double déception, enchaînait sur leurs lèvres toutes ces confidences familières dont se nourrissent les affections naissantes. La honte arrêtait le mutuel aveu de leur tendresse ; chacun des deux aimait sans se croire aimé, et s’avouait avec douleur qu’il n’avait rien fait pour mériter de l’être.

Gaston comprit enfin que le moment était venu de renoncer à l’inaction, de se conduire en homme, et que le seul moyen de gagner