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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/500

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château Levrault ; après tant d’orages et de traverses, le repos était pour lui un véritable bonheur qu’il pouvait vanter sans mentir. Pareil au naufragé qui vient de toucher la plage, il bénissait la Providence qui l’avait sauvé, et ne songeait pas à regretter ses trésors engloutis dans les flots. Sa mission à Berlin, si imprudemment acceptée, l’avait guéri à jamais de toute ambition, et surtout de l’ambition diplomatique. Si parfois il lui arrivait de jeter un regard mélancolique sur son habit brodé, il lui suffisait, pour dissiper sa tristesse, de porter les yeux sur la cotte de mailles de François Ier, suspendue au pied de son lit. L’opulence lui avait suscité tant d’ennuis, tant de tracas, tant de déboires, qu’il se résignait sans effort à la médiocrité. Les débris de la dot de Laure, réunis aux débris du domaine de La Rochelandier, permettaient à la petite colonie de vivre assez