Ouvrir le menu principal

Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/410

Cette page a été validée par deux contributeurs.


— Dans quelques jours, je l’espère, je serai tout-à-fait guéri, répondit Solon d’un ton bourru, et je quitterai votre maison, qui n’est pas faite pour moi. Les soins ne m’ont pas manqué ; mais Solon ne doit pas dormir sous le même toit qu’un marquis.

— Il n’y a plus de marquis, vous le savez bien, mon ami. Les grands patriotes réunis à l’Hôtel-de-Ville ont jeté au feu tous les parchemins. Et d’ailleurs, à quoi bon vous inquiéter de mon gendre ? N’êtes-vous pas chez moi, chez Guillaume Levrault, tisseur de laine, ouvrier comme vous ?

— Pour un ouvrier, vous n’êtes pas mal logé. Il paraît que vous faisiez de fameuses journées, et que votre patron vous donnait une fière part dans ses bénéfices. Est-ce avec votre livret de la caisse d’épargne que vous avez acheté cet hôtel ? Allez, ce n’est pas Solon qu’on endort avec de pareils contes.