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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/404

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mon cher Jolibois, que vous voilà d’emblée quelque chose comme préfet ?

— Moi, préfet ? allons donc ! Dictateur, mon cher, ni plus ni moins. Mes pouvoirs sont illimités ; je ne relève que de ma conscience. À mon arrivée, toutes les autorités sont suspendues. Les provinces que la république me confie n’ont d’autres lois que ma seule volonté. L’armée, la magistrature, sont à ma disposition. Si votre attitude, si votre langage me paraissent dangereux, s’il vous échappe une parole injurieuse pour la démocratie, d’un trait de plume, d’un signe de tête, je puis vous envoyer en prison, vous et votre gendre. Je suis la loi vivante, les tribunaux n’ont rien à voir dans ce que j’ai une fois résolu. Ainsi, je vous le répète, mon cher monsieur Levrault, vous et les vôtres, tenez-vous bien. Vous connaissez depuis longtemps mes principes inflexibles ; malgré