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telle démarche, à la couardise de son beau-père. Les amis du blessé, que M. Levrault avait reçus chez lui comme un surcroît de garantie, n’étaient eux-mêmes qu’une cause de trouble et de désordre. Ils mangeaient bien, buvaient mieux encore, entraient, sortaient à toute heure, et remplissaient la maison de leurs cris. Gaston, indigné, avait parlé de les chasser ; mais M. Levrault avait déclaré énergiquement qu’il n’y consentirait jamais. Un jour au lever du soleil, tout l’hôtel fut réveillé en sursaut par des coups de fusil : les amis de Solon venaient de planter dans la cour un arbre de la liberté orné de rubans et surmonté d’un drapeau tricolore dont la hampe était coiffée d’un bonnet rouge. M. Levrault, tout en frissonnant, descendit pour trinquer avec eux.

De plus en plus épouvanté, il employait ses journées à rôder sur les places publiques,