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la mélancolie de l’automne ; mais tout cela n’importait guère à Laure, à Gaston, Que leur importaient en effet le silence des champs, le mystère des bois, la mousse au pied des chênes ? Quel attrait les eût retenus au fond de ces campagnes ? Qu’avaient-ils à se dire ? Quels secrets auraient-ils pu confier aux divinités de ces agrestes solitudes ? Ce n’étaient pas deux bergers d’Arcadie, deux ramiers roucoulants. Depuis près de trois ans qu’il se mourait d’ennui sous le toit de ses pères, Gaston avait eu tout le temps de se blaser sur la poésie de l’idylle ; sa pensée n’habitait pas les bocages ou le bord des ruisseaux. De son côté, Laure n’était pas venue en Bretagne pour respirer l’air embaumé des prairies, voir les feuilles jaunir, tremper ses cheveux dans les brouillards du soir ou du matin. Enfin, ils ne s’abusaient pas sur la valeur des sentiments qui les avaient pous-