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si l’amour se fût avisé de rôder autour de son cœur. Tout en souffrant de sa pauvreté, il la respectait et n’eût voulu pour rien au monde l’humilier devant l’opulence. Aussi avait-il pris vis-à-vis de mademoiselle Levrault une attitude froide, compassée, même un peu hautaine. Si elle eût été pauvre comme lui, à coup sûr il eût remarqué sa jolie taille et sa jolie figure, car Laure était vraiment jolie ; mais, tandis qu’elle ne voyait en lui qu’un marquis, il ne voyait en elle que la fille d’un millionnaire.

Les choses ainsi posées, il n’est pas besoin d’ajouter que la promenade de Laure et de Gaston n’avait rien de bien sentimental. Celui qui eût écouté derrière les haies en eût été pour sa courte honte. Mademoiselle Levrault, qui tenait à prouver au marquis de La Rochelandier qu’elle n’était pas la fille d’un ancien marchand de drap, comme de