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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/119

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infinie, semblaient pourtant faites pour exprimer plus volontiers le dédain que la bienveillance. L’orgueil de la race couronnait son front. Un œil observateur eût deviné, en la voyant, une de ces femmes, charmantes par calcul, impérieuses par nature, que Dieu a créées pour régner moins par les séductions de la faiblesse que par la souplesse de l’esprit et l’énergie de la volonté.

À peine entrée dans le salon, Laure déclina le nom de son père, et Dieu sait ce qu’il lui en coûta pour prononcer ces simples paroles : Je suis la fille de M. Levrault, sous le feu croisé des regards que tous les portraits de famille paraissaient attacher sur elle. Il lui sembla qu’à ce nom de Levrault, un sourire narquois partait comme une flèche de chaque cadre et venait la frapper droit au cœur. Puis, elle raconta par quel hasard elle s’était trouvée seule au milieu