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VANDERKE.

Dites donc celui de votre méfiance, allons !…


FULGENCE.

Je… je n’ai pas de méfiance contre vous, monsieur ! ce serait de l’ingratitude, je le sens… Mais, que voulez-vous ! je ne puis me changer… Je voudrais que ma femme ne dût qu’à moi l’aisance, les plaisirs de sa jeunesse, et la sécurité de ses vieux jours. Je voudrais être son unique soutien, son seul ami ! je suis né jaloux !… oui, je le suis de ce que j’aime, et je le suis des choses qui vous paraissent peut-être les plus insignifiantes… Je ne sais pas si j’oserai jamais tutoyer Victorine, tant je la respecte, et ici tout le monde la tutoie. Enfin elle est si choyée, si aimée dans votre maison, que ses affections ne pourraient s’y concentrer sur moi, et que j’aurais la rage secrète de ne pouvoir être seul consacré à son bonheur.


VANDERKE.

Je vous ai compris, monsieur, parfaitement compris.


FULGENCE.

Et vous me blâmez ?


VANDERKE.

Nullement. La tendresse exclusive, absolue, est le droit le plus sacré de l’amour et du mariage. Je ne chercherai donc pas à vous détourner de vos résolutions ; mais il faut que la jeune Victorine vous aime assez pour les accepter sans regret. Je vous conseille donc de retarder votre union avec elle jusqu’à ce que vous lui inspiriez assez de confiance pour qu’elle vous suive avec joie et dévouement.


FULGENCE.

Ah ! monsieur !… vous me sauvez ! Je vous remercie, je vous bénis, je suivrai vos conseils.

Vanderke lui tend la main ; Fulgence la serre avec émotion en s’inclinant un peu, mais sans se livrer bien complètement.