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VANDERKE.

Vous n’êtes donc pas converti aux idées de votre tante la marquise, monsieur le chevalier ?


ALEXIS.

Non, et, chaque jour, je me convertis aux vôtres… Je ne saurais rougir de ce qui fait l’honneur de notre nom, et je veux suivre la carrière où vous marchez. Vous avez besoin de moi, puisque ma sœur a épousé un homme de robe, étranger à nos occupations. Tenez, tenez, il faudra que je me marie, pour devenir tranquille, sédentaire, attaché à la vie de famille ; tout le monde en sera heureux ici, et moi plus que personne, j’en suis certain !


MADAME VANDERKE.

Ah ! s’il était vrai !


VANDERKE.

Nous y songerons quand vous voudrez. Mais ce n’est pas à moi de vous chercher une dot, c’est à vous de trouver une femme. Je ne suis pas pour ces mariages qui se traitent comme une affaire, et où le cœur, la considération du bonheur domestique n’entrent pour rien. Je sais que les mariages d’amour ont une mauvaise réputation, mais, moi (tenant la main de sa femme), j’en ai fait un si heureux, que je n’en comprends pas d’autre.


ALEXIS.

Oh ! je suis bien de votre avis, mon père, et la fortune (nous en avons assez !) ne me décidera jamais. J’aurais beau faire l’esprit fort et le beau gentilhomme, je me sens les goûts simples et honnêtes, en dépit du ton et de la mode ; je me sens votre fils, et j’en suis si orgueilleux, que j’aurai bien la force de supporter les moqueries des gens du bel air. Je suis curieux de voir comment ces gens-là s’y prennent pour ruiner leur famille, leur caractère, leur santé, leur réputation, avec tant de peines et de soins, quand il est si facile d’être honnête homme et heureux ; et alors, je serai impatient de revenir ici pour y finir tranquillement mes jours auprès d’une