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Scène II


VANDERKE, MADAME VANDERKE, ALEXIS.




MADAME VANDERKE.

Ah ! vous parlez de ce voyage de Paris ?… Il en a donc toujours envie ?

Elle s’assied.

ALEXIS.

J’en ai envie, je l’avoue, et cependant, si je me consultais bien, peut-être que j’aurais encore plus envie de rester.


VANDERKE.

Nous nous garderons bien de vous influencer. Vous désirez prendre un peu l’air du monde, comme on dit ici ; vous êtes comme tous nos jeunes gens, vous rougissez d’être encore un provincial ?


ALEXIS.

Non, mon père. On n’est pas un provincial quand on est lieutenant de marine, et quand, à vingt-cinq ans, on a déjà vu les deux Indes. Mais on dit que Paris résume toute la terre, et il me semblait qu’après l’avoir vu, je ne me soucierais plus de faire le tour du monde.


MADAME VANDERKE.

Vous êtes libre, mon cher enfant, et, quelque douce que me soit votre ’présence, pas plus que votre père je ne m’opposerai aux voyages utiles à votre instruction… Ma santé s’est rétablie enfin, grâce à vos bons soins… Et cependant, si Paris suffisait à votre curiosité ; si, après l’avoir vu, vous pouviez renoncer à ces expéditions lointaines !… Ah ! je me rappelle ce que j’ai souffert d’angoisses lorsque le vent soufflait sur nos plages ou qu’un grain se formait à l’horizon.


ALEXIS.

Ma pauvre bonne mère !… vous faire tant de mal !… Tenez, mon père, il faudra que je quitte la marine et que je m’applique plus sérieusement à notre commerce.