Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


sœur nous a priés de passer la matinée dans son appartement, c’est ici que vous me retrouverez.


ALEXIS.

Si vous n’avez pas besoin de solitude pour quelque affaire qui vous tourmente…


VANDERKE.

Oh ! dans notre état, il y a toujours quelque sujet d’inquiétude. La maison Harris et Morrisson me donne des craintes.


ALEXIS.

Ces Américains à qui vous avez ouvert des crédits considérables ?


VANDERKE.

Oui ! on me donne avis d’y prendre garde, et pourtant, il me répugne de fermer tout crédit à des gens honnêtes dont ma méfiance pourrait hâter la ruine… Mais je ne sais pourquoi je vous parle de cela ; ce sont des choses peu récréatives pour un jeune homme qui songe à ses plaisirs, et, d’ailleurs, toutes les prévisions seraient ici de peu d’effet… C’est une faiblesse que de se tourmenter d’avance des dangers qu’on ne peut détourner, et toute la sagesse humaine consiste peut-être à savoir attendre avec patience le mal et le bien… Allez achever votre repas, mon ami.


ALEXIS.

Permettez-moi de rester avec vous, mon père ; il est si rare que vous ayez une matinée de loisir, et je vous vois si peu ! … C’est bien ma faute, après tout ; je devrais vous aider dans vos travaux, partager vos soucis… et vous avez bien raison de me reprocher mes plaisirs.


VANDERKE.

Je ne vous les reproche pas, mon ami ; chaque âge a les siens. Je ne trouve pas mauvais que vous ayez envie de voir Paris (à madame Vanderke, qui entre du fond à gauche), et votre mère partage mon sentiment, elle qui sacrifie toujours sa propre satisfaction à la vôtre.