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PIERRE, allant à Reine et lui tendant la main avec franchise et élan.

Oui, ma bonne Reine, je veux mériter l’amitié qu’on m’accordait !


VALENTIN, l’amenant sur le devant du théâtre et lui tenant les mains.

C’est fait, mon Pierre, tu la mérites, notre amitié ; car, s’il ne faut qu’un mauvais moment pour nous perdre, il n’en faut aussi qu’un bon pour nous sauver… Et, à présent, regarde-moi… oui, regarde-moi bien… Est-ce qu’il s’est passé quelque chose de triste entre nous ? Est-ce que nous ne nous aimons pas encore mieux que ce matin ? Est-ce que, généreux à demi, tu vas me laisser là à moitié heureux ?


PIERRE, se jetant dans ses bras.

Ah ! tiens, vrai, je ne sais pas !


MAÎTRE VALENTIN, à son fils.

Eh bien, tu ne t’en vas point ?


VALENTIN.

Non, mon père ! (À Bienvenu, en lui montrant Pierre.) Ni lui non plus[1] !

Pierre se jette dans les bras de son père.



FIN DU PRESSOIR
  1. On m’a dit que cette faute de français avait été remarquée ; mais je crois qu’on doit mettre dans la bouche des artisans les façons de parler les plus naturelles, même quand elles sont incorrectes ; même quand les personnages ont élevé instinctivement leur langage avec leurs idées dans une crise d’émotion exceptionnelle. Des gens plus instruits font, d’ailleurs, dans la vie familière, cent fautes de français par jour, et ils ont bien raison.
    (Note de l’auteur.)