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vous ai presque jamais laissé seul ! vous n’avez jamais eu un reproche à me faire. Eh bien, donnez-moi, sans regret, quelques années de liberté. Vous ne vous en repentirez pas. Je m’en vas presque joyeux, vous voyez ! puisque mon ami, mon meilleur ami m’accompagne.


BIENVENU, abattu et fâché.

Si tu le prends ainsi…


MAÎTRE VALENTIN, qui a écouté, de la porte.

Qu’est-ce que c’est ? qu’est-ce que c’est ? En voilà bien d’une autre ! Mon fils veut partir ?


VALENTIN.

Mon père, venez ! Je vous dirai…


MAÎTRE VALENTIN, lui barrant le passage.

Non pas, non pas ! Je n’écoute rien ! Me quitter, vieux comme je suis ?… Je te dis que ça ne sera pas ! Tu me passeras plutôt sur le corps !


BIENVENU.

Laissez, laissez, voisin, puisqu’il faut que Pierre… Ils s’ennuieront moins ensemble.


MAÎTRE VALENTIN.

Ah ! vous voilà bien, vous ! C’est ça ! Parce que votre monsieur qui, pas plus que vous, ne sait ce qu’il dit ni ce qu’il veut, a la fantaisie de voyager, il faudra que mon fils lui tienne compagnie ! Merci ! Allez au diable avec vos histoires ! Est-ce que mon garçon est fait pour servir de valet de chambre au vôtre ? Et, d’ailleurs, est-ce qu’il a le moyen de faire des voyages d’agrément, lui ?


BIENVENU.

Si ce n’est que ça… on lui payera…


MAÎTRE VALENTIN, en colère.

Payer ? Qu’appelez-vous payer ! Pour qui nous prenez-vous ? (Repoussant Valentin, qui veut l’emmener.) Laisse-moi tranquille, toi ! Il faut que tu sois devenu fou pour te sacrifier toujours à ces gens-là qui n’ont ni cœur ni raison, et qui veulent mettre tout le monde sous leurs pieds !