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Scène VI


REINE, PIERRE.




REINE.

Est-ce que nous n’y allons pas ? Mon parrain est capable de nous attendre !


PIERRE.

Non, non ! il est heureux maintenant ! Toutes choses vont à son gré. Mais pourquoi êtes-vous inquiète, Reine ? Ne sauriez-vous, sans frayeur et sans ennui, rester un moment avec moi ?


REINE.

Oh ! ce n’est pas cela, certainement…


PIERRE.

Si fait, ma chère Reine ; vous êtes bien singulière avec moi, et j’ai beau chercher pourquoi vous manquez de confiance, je ne trouve rien, sinon que vous êtes portée vers quelque autre. Je ne sais pas en quoi mon amour peut vous blesser ; vrai, je ne le sais pas. On dirait que vous me faites un tort d’être plus riche que vous, comme si, moi, je m’en faisais un mérite ! Ai-je donc l’air d’en tirer vanité ? Est-ce là mon défaut ?


REINE.

Oh ! certainement non !


PIERRE.

Est-ce que je manque de charité, d’éducation, de conduite ?


REINE.

Bien au contraire !


PIERRE.

Pourtant, si j’ai quelques travers dont je dois me corriger…


REINE.

Je ne crois pas.


PIERRE.

Dame ! on ne se connaît pas soi-même… Peut-être mes manières, ma personne vous déplaisent ?