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SUZANNE.

Tu vois !


PIERRE.

Tu as raison, ma sœur ! J’en ris comme loi, et même… (À Valentin, qui se rapproche de lui avec un peu d’inquiétude.) Oh ! tu peux me laisser regarder ce joyeux couple, qui s’entretient là, sous nos yeux, de son prochain bonheur ! Écouter, admirer ce beau fils ! Cela fait pitié, vraiment, et la pitié chasse l’amour.

Il retourne à la meule.

SUZANNE, bas, à Valentin.

Laissez-le dans ces idées-là… Je vous dirai tantôt…


VALENTIN.

Il a beau faire !… je crains qu’il n’éclate tout d’un coup ! Viens, Pierre, allons-nous-en.


PIERRE.

Oui, j’en ai assez !… mais j’aime mieux être seul ! Laisse-moi !…

Il se dirige vers le fond, et sort en jetant avec colère l’outil qu’il a dans les mains.

SUZANNE, arrêtant Valentin, qui veut le suivre.

C’est moi qui vais avec lui : vous ne savez pas… et moi, je sais ce qu’il faut lui dire !

Elle sort.




Scène VIII


NOËL, REINE, VALENTIN.



Valentin reste au fond, les bras croisés, et contemple Reine et Noël avec un trouble extraordinaire.


NOËL, bas, à Reine, continuant la conversation.

Ah ! vous ne m’aimez point ?… Eh bien, c’est tant mieux pour vous, ma chère mais vous ne m’expliquez pas de qui on se moque… Est-ce qu’il faut que je vous en conte devant Valentin aussi ? Il est là qui nous observe !