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NOËL, à part.

Allons ! le beau-père…

Il touche son front.

SUZANNE, observant Pierre, qui est violemment ému.

Mon cher père ; vous ne savez pas…


BIENVENU.

Ta ta ta ! silence. Il n’y a que moi ici qui sache ce qu’il dit. Reine et Valentin se conviennent ; il n’y a pas de mal à ça. Ils croient qu’ils ne peuvent pas se marier parce que la petite n’a rien et le garçon pas grand’chose ? Eh bien, moi, je m’étais toujours promis de lui assurer un sort, à cette pauvre enfant. Fidèle à Valentin, elle refuse la fortune et l’honneur d’être ma bru. Ça fait son éloge. Mon fils et moi, nous l’en estimons davantage. Il ne sera pas dit que je manquerai à mes sentiments, qui ne sont pas ceux d’un homme ordinaire. Donc, je lui donne mille écus en la mariant, les mille écus que je gagne sur la vente de ma bâtisse à la paroisse et la confection du pressoir qui l’occupe. Père Valentin, voilà comment, je répare mes torts, moi ! voilà comment je remercie ceux qui me les ont pardonnés.


MAÎTRE VALENTIN.

À la bonne heure ! à la bonne heure ! Je n’ai jamais nié, moi, que vous fussiez généreux !


PIERRE, à Valentin, avec effort.

Allons, Valentin, mon père a raison ! Il agit noblement… Je ne serai pas indigne de lui… Accepte !… accepte donc… (avec un violent dépit), puisqu’elle t’aime !


VALENTIN, troublé.

Elle m’aime ?… Mais non !… Cela n’est pas ! (voyant l’émotion de Pierre.) Non, non, Pierre, ne crois pas cela !


SUZANNE, bas, à Reine.

Du courage, Reine ! La prudence le veut, le cœur aussi ! Vois comme il regarde Valentin… comme il souffre !


REINE, baisant la main de Bienvenu.

Mon parrain, soyez béni !… Oh ! oui, vous m’aimez, vous voulez mon bonheur ; mais je ne veux pas me marier !