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fermeté.) Écoute, Pierre, tous nos secrets ne nous appartiennent pas, car il en est qui n’appartiennent qu’à Dieu.


PIERRE.

C’est juste ! J’ai tort ; je ne te demande qu’une chose : c’est de me dire si tu ne t’es pas trompé, le jour où tu m’as juré qu’aucune femme ne pourrait jamais l’emporter sur moi dans ton amitié.


VALENTIN.

Ah ! Pierre, tu m’avais juré la même chose, et pourtant, je ne peux pas te consoler aujourd’hui !


PIERRE.

C’est donc qu’on ne sait pas à quoi on s’engage quand on fait de ces promesses-là ? Tu t’es donc aperçu que tu ne pourrais pas toujours me tenir la tienne ?


VALENTIN, avec élan.

Non, Pierre ! je ne m’en suis pas aperçu, moi !


PIERRE, vaincu, lui serrant les mains.

Ami ! cher ami ! mon brave Valentin ! pardonne-moi !… Tu vaux mieux que moi ! Je suis un fou !


VALENTIN.

Je ne sais pas si je vaux mieux ; je sais que je t’aime, Pierre ; voilà tout ! Je ne veux pas me demander s’il y a peu ou beaucoup de mérite à être fidèle en amitié ; mais ce dont je suis bien sûr, c’est qu’une âme honnête est toujours à la hauteur de ce devoir-là. Et, à présent, viens nous donner un coup de main. Le travail guérit bien des peines, va, l’amitié aidant !


PIERRE.

Viens ! tu as raison !


SUZANNE, qui a paru plusieurs fois sous le berceau pour les observer, et qui les voit sortir par le hangar en se donnant le bras.

Allons ! Valentin s’en défend encore ! Il fait bien ! Il faut que Noël passe aujourd’hui pour le préféré ! Qu’est-ce que ça me fait, du moment que… ? (Regardant au dehors.) Tiens ! le voilà avec Reine !… Ah ! mais… est-ce que… ? Il lui porte son pa-