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Scène PREMIÈRE


SUZANNE, balayant le devant de la maison ; MAÎTRE VALENTIN, sortant du hangar.



MAÎTRE VALENTIN, à la cantonade.

C’est bien, c’est bien ! De l’ensemble, surtout, et faites comme je vous dis. N’oubliez pas que le temps presse ! (Descendant et regardant Suzanne.) Ah ! encore le balai ? Combien de fois par jour, donc ? Le palais de Versailles n’est pas tant balayé que cette maison-là ! Faites attention, au moins, à ne pas pousser vos balayures sur ma moitié de cour ! Je vous défends de passer la rigole.


SUZANNE.

Ah ! par exemple, ça ne m’arrive jamais.


MAÎTRE VALENTIN.

Oui, oui ! vous direz que c’est le vent qui apporte chez moi vos bouts de chiffon, et les épluchures de vos festins !


SUZANNE, riant.

Bah ! quand on salirait un peu de votre côté, vous n’y tenez déjà pas tant, il n’y paraîtrait guère.


MAÎTRE VALENTIN.

Et si j’aime mon désordre, moi ! c’est pas une raison pour que je souffre celui des autres !


SUZANNE, au fond, balayant toujours.

Allons, allons, on y prendra garde ! Vous avez beau faire le grognon, vous voilà travaillant pour aider mon père…


MAÎTRE VALENTIN.

Votre père… votre père !… J’en aurai encore des sottises et des avanies pour tout remercîment. (Allant au hangar.) Attention, Valentin ! Gare à tes mains, que diable ! Ensemble donc ! (Revenant.) Ah ! comme ça travaille, ce garçon-là ! Ça n’est pas M. Noël Plantier qui mènerait la chose d’un train pareil !