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BIENVENU.

Comment ? quoi ? mes apprentis ont été se coucher ?


MAÎTRE VALENTIN.

Bien au contraire, ils viennent de dégager la vis de votre pressoir.


BIENVENU.

Eh bien, c’est une belle pièce, j’espère ?


MAÎTRE VALENTIN.

Superbe !… Un vrai bijou ! Ça fend le cœur.


BIENVENU.

Quoi donc ? qu’est-ce qu’il y manque ?


MAÎTRE VALENTIN.

C’est un malheur, il m’en coûte de vous le dire ! Il y manque deux pas !


BIENVENU.

Deux pas de vis ? Elle est trop courte ?


MAÎTRE VALENTIN.

Non ; mais il y manque deux pas ! Ils ont sauté.


VALENTIN.

Eh bien, j’en étais sûr ! il y avait un défaut dans le cœur du bois ! Allons, c’est une pièce perdue !… Et ce n’est la faute à personne !

Il va avec Noël regarder par la porte du fond.

MAÎTRE VALENTIN, à Bienvenu.

Eh bien, voisin, ça vous chagrine tant que ça ? Bah ! allons donc, un peu de courage, vous qui n’êtes pas un homme ordinaire ! Que voulez-vous ! il y a du guignon pour tout le monde… Je vous le disais bien, moi, qu’un accident pouvait vous retarder. Mais vous croyez toujours faire des miracles, vous ! Il n’y a que le ciel qui fasse des miracles, et il n’a peut-être pas été pour vous dans cette affaire-là.


BIENVENU, allant à lui.

Le ciel est toujours pour moi, et, s’il faut un miracle… il y aura un miracle, voilà tout ! Pierre ! qu’en dis-tu ? Perdrons-nous l’espoir, au moment de triompher de l’envie ?