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PIERRE.

Reine, c’est pourtant bien aisé, d’être sincère ! Si vous me dites que peut-être vous vous raviserez, je croirai que vous avez le cœur et la conscience libres… (Reine baisse la tête et reste interdite.) Vous ne pouvez pas même me dire : Peut-être ? Allons ! son choix est fait ! (À Valentin, avec colère.) Tu le savais, toi, tu le sais ! Pourquoi ne me l’as-tu pas dit ?


REINE, vivement.

Non, il ne sait rien… Vous voulez que je vous le dise : et vous me poussez à bout ? Ah ! je n’aurais pas cru qu’on m’arracherait du cœur cette parole-là… Eh bien, oui, j’aime quelqu’un ! quelqu’un qui ne le saura jamais, parce que c’est quelqu’un qui ne peut ni ne veut se marier avec moi ! Mais, si je l’aime quand même,… je ne dois pas tromper un honnête homme en lui donnant ma parole, quand je sais que je ne peux plus donner mon amitié !

Un silence d’étonnement. Reine, effrayée de ce qu’elle vient de dire, reste absorbée.


SUZANNE, allant près d’elle et lui prenant la main.

Allons… laissez-la tranquille, à présent… Celui qu’elle voudra… elle l’aura… car je le connais, moi ! (Bas, à Reine.) Et c’est Valentin, n’est-ce pas, ma mignonne ?


REINE, tressaillant.

Non, non !… ce n’est pas lui.


SUZANNE, étonnée.

Non ?… Qui donc, alors ?… (Laissant tomber la main de Reine et regardant autour d’elle.) C’est quelqu’un d’ici, car elle ne sort jamais sans moi, et je sais bien qu’elle n’a point d’amoureux au dehors. (Regardant Noël, qui est près du dressoir et mange tranquillement.) Il n’y a ici qu’un homme qui ne soit pas libre de l’épouser… (À Noël, avec dépit.) Noël Plantier ! il n’y a pas là de quoi rire !…


NOËL.

Dame !… mais je vous jure bien que ce n’est pas ma faute !