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(il montre l’ouvrage de Reine), vous vous occupez de lui ! Vous faites bien.


REINE, qui a ourlé la cravate blanche.

Ça ? Mais non, ce n’est pas à lui, c’est à vous.


VALENTIN.

Ah ! (Il regarde la cravate.) Pourquoi donc prenez-vous cette peine-là ? J’avais prié cette bonne Suzanne…


REINE.

Vous croyez que c’est une peine ?


VALENTIN, à part.

Allons, c’est comme un fait exprès ! Elle travaille pour moi, et je me sens… Allons, allons !… (Il s’assied à la table et lui ôte des mains son ouvrage.) Bonne petite Reine, il faut que nous parlions sérieusement tous les deux.


REINE, émue.

Sérieusement ?


VALENTIN.

Oui. Je suis déjà un vieux ami pour vous ; je vous ai vue tout enfant, jouant tantôt sur cette porte, tantôt sur celle de ma maison… Je suis parti pour mes voyages… Je vous ai retrouvée, l’an dernier, toute grande, toute belle… (se reprenant vite), toute raisonnable enfin ! J’ai bien le droit de vous demander un peu de confiance, n’est-ce pas ?


REINE.

Oh ! certainement !


VALENTIN.

Eh bien, vous voilà en âge de songer…


REINE.

À quoi, Valentin ?


VALENTIN.

À quoi devons-nous penser quand les autres pensent à nous ?


REINE, très-troublée, mais heureuse.

Ah ! on pense à moi ?… Qui donc ?


VALENTIN.

Je voudrais bien vous le dire tout de suite… Mais je vou-