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Je viens manger à la hâte un morceau, car je n’en peux plus, et je te rejoins.


PIERRE.

Ah ! Valentin ! que tu mets de courage et de zèle à notre service ! Je ne t’en sais pas assez de gré ; mais, que veux-tu ! je travaille sans savoir de quoi il s’agit ! J’ai l’âme à autre chose !


VALENTIN.

Eh bien, lui as-tu parlé ?


PIERRE.

À mon père ? Oui, hier.


VALENTIN.

Je sais ça ; mais ce n’était pas le plus difficile. Que lui as-tu dit, à elle ?


PIERRE.

Rien ! Je viens de la voir, et, comme de coutume, elle a trouvé un prétexte pour ne pas échanger avec moi trois paroles.


VALENTIN.

Elle ne peut pas deviner…


PIERRE.

Elle devine mon amour, sois-en sûr ; mais elle s’en effraye. Elle croit devoir s’en préserver comme d’un danger, ou d’une offense ! Ah ! me connaît-elle si peu…


VALENTIN.

Fais-toi comprendre. Où est-elle ?


PIERRE, montrant la chambre de Reine.

Là ! mais, je t’en prie, parle-lui pour moi : tu me l’as promis !


VALENTIN.

Eh bien, Pierre, ce serait le mieux, puisque tu n’oses point parler toi-même !


PIERRE.

Non ! non ! ni mon père ni moi ne serons assez adroits, assez patients pour l’interroger. Elle hésitera, sans doute. Si elle venait à me refuser !…