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MAÎTRE VALENTIN.

Mais quand dansera-t-il à la tienne ma pauvre fille ? Pas de sitôt, j’en ai peur !


BIENVENU, qui a contenu son impatience avec effort. Il est assis au coin de la cheminée, le dos tourné au spectateur.

Vous en avez peur ? Qu’est-ce que ça vous fait ?


MAÎTRE VALENTIN.

Dame ! on plaint toujours une jeunesse qui n’a pas le sou !


BIENVENU.

On n’a pas besoin de fortune quand on est comme elle est.


MAÎTRE VALENTIN.

Oui, oui, elle est gentille, et très-douce ! Mais ça ne fait pas trouver des maris, tout ça, à moins qu’on ne veuille marier ensemble dame Famine et M. du Regret !


REINE.

Oh ! ne me plaignez pas. Je suis heureuse comme me voilà ! Elle va porter dans la chambre à droite la veste et le bonnet de son parrain.


MAÎTRE VALENTIN.

Pourvu que ça dure !


BIENVENU.

Eh bien, pourquoi ça ne durerait-il pas ?


MAÎTRE VALENTIN.

Parce que vous avez beau être un grand homme, vous êtes aussi mortel que le premier chat venu ; et, après vous…


BIENVENU.

Que savez-vous de mes intentions ?


MAÎTRE VALENTIN.

Ah ! si vous avez des intentions !… si vous l’avez mise sur votre testament, c’est très-joli… très-joli de votre part ! (Reine rentre et va au fond ranger les deux chaises sur lesquelles elle travaillait.) Mais, à propos, qu’est-ce que vous faites donc de mon garçon, qu’il n’est pas rentré cette nuit chez nous ? Est-ce que ça n’avance pas, c’te machine ? (Bienvenu se lève et va à gauche.) Ça vous fâche, qu’on vous demande ça ?