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LE MARQUIS.

Rien ! je me suis hâté, j’ai couru !… et puis une émotion profonde !…


LE MAESTRO.

Quoi donc ? Vous nous effrayez ! vous pâlissez davantage !


LE MARQUIS.

Oui, je veux parler… je sens que je le dois et que le temps presse. Je ne veux laisser croire à personne qu’en me déclarant tout haut le champion, le chevalier de Camille, je nourrissais des espérances indignes d’une femme comme elle. (Très ému.) Maître !… aidez-moi… protégez-moi, grand Dieu ! car ceci est le moment le plus solennel de ma vie !


LE MAESTRO.

Comme vous tremblez ! Paolino, vous souffrez ?


LE MARQUIS.

Oui ! et, si cette angoisse se prolonge, il me semble que je vais mourir. Camille !… (S’appuyant instinctivement sur le maestro et tremblant visiblement.) Laissez-moi vous vous dire devant lui… (il montre le maestro), devant elle (il montre la Nina), que je vous aime avec passion ! que, du moment où je vous ai entendue, j’ai senti que j’étais l’amant de votre génie ; que, du moment où je vous ai vue, j’ai senti que j’étais l’époux de votre âme. Ah ! béni soit ce jour où j’ai vu comme vous savez aimer ! Eh bien, c’est ainsi que j’aime, moi, Camille ! Je suis riche… oh ! peu vous importe, je le sais, mais je remercie ma position qui me fait indépendant ! je suis indépendant : je suis le dernier de ma famille, je ne me dois à personne qu’à Dieu et à vous. J’ai un nom sans tache, ma vie a toujours été pure : par là, du moins, je suis digne de vous, et, pour tout le reste, le cœur, le dévouement, l’adoration, suppléeront à ce qui me manque pour être votre égal. Camille, acceptez-moi pour votre appui, pour votre époux, et vous ferez de moi le plus reconnaissant, le plus fier des hommes !

Il s’est mis à genoux.

CAMILLE, éperdue, regardant Flora.

Ô mon Dieu !