Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée



LE MARQUIS.

Je suis persuadé qu’elle vous suit de son plein gré.


LE PRINCE.

Eh bien, donc, me faites-vous un crime de lui avoir conseillé de quitter le théâtre de Milan pour celui de Naples ?


LE MARQUIS.

Je ne m’attribue pas le droit de juger votre conduite.


LE PRINCE.

Vous voyez donc bien que vous avez eu tort de me dire des impertinences ? Convenez que vous avez eu tort, et quittons-nous bons amis.


LE MARQUIS.

J’ai peut-être eu tort, mais il m’est impossible de vous quitter sans emmener mademoiselle Flora.


LE PRINCE.

Encore ! et comment diable vous y prendrez-vous, si elle refuse de vous suivre ?


LE MARQUIS.

Comme je suis très-certain qu’elle s’y refusera, je suis forcé de vous prier de l’abandonner.


LE PRINCE.

De mieux en mieux ! Diable d’homme !… vous m’amusez, parole d’honneur ! Et… qu’est-ce qu’il faut que je fasse ?


LE MARQUIS.

Écrivez-lui deux mots pour lui dire que son emploi à San-Carlo a été donné, qu’une affaire imprévue vous oblige à partir pour Venise ou pour Palerme, et que vous lui conseillez de retourner dans sa famille.


LE PRINCE.

Ah ! il faudra que j’aille à Palerme ou à Venise pour vous complaire ?


LE MARQUIS.

Non, il suffit que vous changiez d’hôtel ; ici, je me charge du reste.