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d’ordres à me donner, et puis j’irai un peu dans le monde… ou au théâtre.


FLORA.

Ah ! vous irez au théâtre ? Est-ce qu’il y a des talents ici ?


LE PRINCE.

Il y a la Franceschi, que je suis en train d’engager pour Londres. C’est une belle méthode. Voulez-vous l’entendre ?


FLORA.

Oh ! je voudrais bien voir si elle a plus de succès que Camille !…


LE PRINCE.

Eh ben, je vas vous chercher une loge.


FLORA.

Attendez ! Non ! je ne dois pas me montrer.


LE PRINCE.

Qu’est-ce qui vous connaît, ici ?


FLORA.

Mais, vous, il n’y a pas une ville d’Italie où vous ne deviez être connu de tout le monde ? Cela attirerait tout de suite l’attention sur moi.


LE PRINCE.

Oh ! vous ne risquez pas d’être compromise avec moi, chère ! On sait que je ne suis pas galant, que j’aime les artistes pour l’art… Et, d’ailleurs, allez-vous donc vous soucier de tous les sots propos ? Au théâtre, voyez-vous, ce n’est pas comme dans la vie bourgeoise. Il n’y a pas de vertu qui serve, personne n’y croit. On passe pour aimable ou sotte, pour savoir se conduire avec esprit ou pour avoir une mauvaise tête ; mais on ne passe jamais pour invincible, le fût-on bien réellement.


FLORA.

Oh ! c’est effrayant, ce que vous dites là ! Le maestro assurait le contraire pourtant !


LE PRINCE.

Le maestro a ses raisons… vis-à-vis de Camille !…