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LE MARQUIS.

C’est peut-être un peu familier de ma part. La signera Nina voudra bien pardonner à un moment d’effusion…


NINA.

Oh ! je vous pardonne bien, allez !


FLORA, qui rit toujours, au maestro.

Ah ! voyons, maestro, ne me faites pas ces yeux terribles ! j’ai comme ça des envies de rire, moi ; ça me vient sans motif, comme les effusions de M. le marquis.


LE MARQUIS.

Sans motif ?… dois-je dire le mien ?


LE MAESTRO.

Oui, dites-le, Paolino !


LE MARQUIS.

Je vois vite, comme je sens vite toutes les choses du cœur, et j’ai vu et senti tout de suite, dans les yeux et dans l’accent de la signera Nina, qu’elle aimait sa sœur Camille avec passion.


NINA.

Oh ! ça, c’est ce qui s’appelle avoir la vue bonne.


CAMILLE, prenant la main de Nina.

Et vous avez vu qu’elle m’aime ainsi parce qu’elle est un ange !


LE MARQUIS.

Ce qui le prouve bien, c’est qu’elle m’a compris, elle.


NINA, à Camille.

À cause de ce qu’il pense de moi, tu devrais bien aussi lui tendre la main.


LE MAESTRO.

Oui, et c’est par là que vous eussiez dû commencer ; car il est mon enfant, lui aussi !


CAMILLE, tendant la main au marquis.

Je le sais.


LE MARQUIS ne lui baise pas la main, mais la garde dans les siennes avec émotion.

Je suis bien heureux ! merci ! le plus beau moment de ma vie est celui où vous m’acceptez pour votre serviteur.