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LE MAESTRO.

Elles étaient dans la misère, et j’avais alors à peine de quoi vivre. Mais comment pouvais-je séparer ce que Dieu avait uni par le sang ! Je me chargeai des trois orphelines. L’aînée, qui est une bonne âme, m’a aidé à élever les deux autres. Dieu merci ! nous voici tous à flot. Ces filles respectent le souvenir d’une tendre mère et ne doivent jamais rien savoir du secret que je vous confie.


LE MARQUIS.

Oh ! soyez sûr…


LE MAESTRO.

Oui, oui, mais ce n’est pas tout ! Un homme de votre rang peut être le frère et l’ami de la fille du maestro, mais rien de plus… (Ils se donnent la main.) Non, vous ne l’oublierez pas, vous !

Il sort ému par le fond.




Scène II



LE MARQUIS, seul.

Non, je ne l’oublierai pas, car c’est à mes yeux un titre de plus, un titre de noblesse ! Ah ! mon cher maître ! le meilleur ami de mon enfance, vous me croyez donc bien changé ! imbu des préjugés et des ambitions du monde… Eh bien, je me sens fier d’être encore, à vingt-cinq ans, le garçon naïf et droit que vous avez connu… De plus, je suis libre !… On vient… C’est elle ! Cette parure exquise… cette démarche aisée… Oui, oh ! je suis ému !




Scène III


LE MARQUIS, FLORA CORSARI, mise avec goût et recherche, et s’avançant avec assurance.




FLORA.

Mille pardons, monsieur le marquis ! le maestro nous avait