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LE MARQUIS.

Encore un mois, et l’on en parlera dans toute l’Italie, n’en doutez pas. C’est un talent vrai, une destinée sûre


LE MAESTRO.

C’est mon avis. Sans être de la première beauté, elle est agréable.


LE MARQUIS.

Elle m’a paru belle à ravir : je ne peux pourtant pas dire que j’aie vu ses traits. J’étais placé loin et je n’avais pas de lorgnette. Je m’étais caché seul dans une petite loge pour n’avoir à causer avec personne et pour savourer votre musique en avare. Et puis, que vous dirai-je ? je n’étais pas pressé de voir de près l’ange d’harmonie qui chantait pour mon âme. Je ne regardais pas la Corsari. Je voulais l’aimer d’un amour immatériel…


LE MAESTRO.

Allons, c’est bien vous ! Et sa sœur, l’avez-vous remarquée ?


LE MARQUIS, avec insouciance.

Non ; a-t-elle une sœur ?


LE MAESTRO.

Celle qui chantait le second rôle ?


LE MARQUIS, cherchant à se souvenir.

Ah ! oui ; une belle voix.


LE MAESTRO.

Et une jolie personne !


LE MARQUIS.

Je n’y ai pas fait attention. Elle n’a ni âme ni talent ! mais pardonnez ma franchise. Elle est peut-être aussi votre élève ?


LE MAESTRO.

Oh ! celle-là n’a eu qu’un maître, la paresse… Mais, en fait de paresse… conçoit-on celle de mes vieilles dames ? Elles ne nous savent pas ici. Je vais les chercher.


LE MARQUIS.

Vous me quittez ? Si quelqu’un vient ici en votre absence,