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PÉDROLINO, désespéré.

Oh !… Eh bien, oui ! c’est ça, je ne vous aime plus.


VIOLETTE, montrant Colombine.

Et parce que vous aimez toujours c’te demoiselle ?


COLOMBINE, s’approchant.

Oh ! je vous jure, signora, que c’était un jeu de ma part, et que j’ai dérobé ce baiser par surprise, au moment que le jeune homme me rudoyait et se moquait de moi !


PÉDROLINO.

C’est pas vrai, ça mamselle : je vous ai embrassée par pur libertinage !


COLOMBINE, part.

Est-ce qu’il est fou ?


VIOLETTE, Pédrolino.

Vous êtes donc un libertin, vous ?


PÉDROLINO.

Un gueux ! un débauché ! et un menteur fini !


VIOLETTE.

Ça se peut bien ; et, pour me divertir, vous devriez bien me montrer comment vous faites la cour aux demoiselles. Tenez, je suis une marquise, moi, et j’ai des drôles de fantaisies ; vous êtes mon domestique, et vous devez faire mon commandement. Je vous commande donc d’embrasser c’te fille-là devant moi, et tout de suite, et de l’air le plus gentil que vous pourrez.


COLOMBINE, à part.

Elle est furieuse !


VIOLETTE.

N’entendez-vous point, jeune homme ?


PÉDROLINO.

Qui, moi ? que je… ? (À Colombine, avec colère.) Ôtez-vous de là, vilaine diablesse ! tirez de là votre museau de fouine, ou le diable me tortille, si, du baiser que je vas vous donner, je ne vous fais sauter trois dents !


COLOMBINE.

Il le ferait comme il le dit, l’animal sauvage !