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que tu mérites, lourde bête, qui ne sais point te garder de la gaillardise, et qui, dès lors, ne sais ce que c’est qu’aimer. Non, je ne te plains point, vilain pleurard, et ne veux pas m’intéresser à toi davantage.


PÉDROLINO.

Eh bien, vous avez raison, monsieur le docteur, et puisque personne ne m’aime plus, je ne vaux pas la peine de vivre. Ah ! mordi ! je t’en souhaite, que je vas prendre soin de ce garnement-là ! Je vas travailler pour te faire manger, dormir, pour t’engraisser ? Non, non, il ne faut plus qu’il en soit parlé.

Il se frappe la tête avec son chapeau, cherche à s’étrangler arec ses mains, prend l’éventail oublié d’Isabelle comme un poignard et le brise sur sa poitrine ; puis il prend le fusil oublié de Léandre, et, portant la crosse vers sa bouche, fait mine avec le pied de vouloir le faire partir. Le docteur le lui arrache et le garde dans ses mains en suivant ses mouvements. Pédrolino est devenu comme fou et va pour se précipiter dans le réservoir, en montant sur la balustrade. Cette pantomime est à la fois comique et dramatique. Celle du docteur en est la conséquence, et, s’effrayant peu à peu du délire de Pédrolino, il commence à chercher avec agitation les moyens de l’arrêter. Pendant le mouvement de cette action, ils ont échangé ces mots.

LE DOCTEUR.

Eh bien, il est fou ?


PÉDROLINO.

Non… Oui… Bonsoir !

Il court au bassin.

LE DOCTEUR.

Je vous défends…


PÉDROLINO.

C’est égal !


LE DOCTEUR.

Malheureux ! douze pieds d’eau !


PÉDROLINO, debout sur la balustrade.

C’est ça ! Adieu, mon maître ! adieu, Violette ! adieu, père