Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée



LE DOCTEUR.

Voyons, buvez !

Marinette rentre dans la maison.

LÉANDRE.

Oui, à elle ! (il relève son verre et l’engloutit avec un nouveau soupir.) Ah ! docteur ! docteur ! je suis gâté de ses perfections, et, si je ne l’épouse… tenez, ceci est l’épée de mes pères… j’éteins en moi leur race illustre comme j’avale ce verre de vin ! (Il boit.) Qu’il me serve de poison si je vous surfais d’un liard la passion qui me ravage !


LE DOCTEUR.

Diantre ! vous pensez au mariage, vous qui avez fait tant de débauches ?


LÉANDRE.

Pour ce qui est du passé, docteur, la faute en est au sexe ; la nature se réjouit quelquefois comme cela à faire de beaux hommes. L’assommante chose que le mérite !… Il fut un temps où, pour me préserver des bonnes fortunes, je faisais pension à des gens pour me décrier… Mais à présent…


LE DOCTEUR, à part.

Il m’amuse un instant ; mais il ne faut pas que cela se prolonge. (Il se lève. Léandre reste à table. — Haut.) Or donc, vous vous mariez ?…


LÉANDRE.

Elle pourra vous dire que je lui ai offert plus de dix fois…


LE DOCTEUR.

Offert ?… C’est donc une bourgeoise ? Il prend son livre.


LÉANDRE.

Pouah !… pour qui me prenez-vous ?


LE DOCTEUR.

Eh ! eh ! une bourgeoise riche et sur le retour…

Il met son chapeau.

LÉANDRE, se levant.

Docteur, vous m’outragez sensiblement. Celle que j’aime