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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/444

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Scène X


BARON, ARMANDE.




ARMANDE, arrivant par une autre coulisse que celle où Madeleine es sortie pour la chercher.

Eh bien, rentrons-nous à la fin ?


BARON.

Mais, madame, c’est Molière qui vous attend.


ARMANDE.

Que ne venait-il dans ma loge !


BARON.

Oui, pour y trouver M. de Visé, l’homme qui lui déplaît à si juste titre ?


ARMANDE.

Il y eût trouvé deux marquis et un conseiller au parlement.


BARON.

Il est bien malade ce soir, madame, et il ne faut peut-être pas faire sonner si haut à ses oreilles les noms et les titres de vos brillantes relations. Vous savez qu’il n’aime point à souper avec les gens de qualité qu’il n’invite point lui-même.


ARMANDE.

Des hommes de qualité ne sont point si pressés de souper avec des comédiens ! Je ne les ai point invités, sachant, mon cher, que vous étiez des nôtres ce soir.


BARON, tranquillement.

Oh ! vous avez fort bien fait.


ARMANDE.

J’admire le ton doctoral de M. Baron, qui soupe en partie fine avec des marquis, on dit même avec des duchesses !


BARON.

Quand Molière est malade, je ne soupe point, je ne le quitte pas, et n’amène point chez lui des gens faits pour l’importu-