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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/443

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que surprise de mon mal qui m’ôterait… (voyant frémir Baron) je ne dis point la vie, non ! mais ma force pour quelque temps, (À Baron.) J’ai à le remercier, toi aussi, des tendres soins dont tu m’entoures, et qui te font oublier jeunesse, triomphes et plaisirs ! Le ciel t’en récompensera, mon enfant ; il te donnera la puissance morale, c’est à dire le talent. Et puis viendra la gloire, et alors, ne sois point enivré. Fais comme moi qui ai toujours recherché les défauts de mes ouvrages et de mon jeu, du temps que les autres en regardaient les qualités. C’est à n’être jamais satisfait de soi-même qu’on arrive à se perfectionner. Le jour où l’on est trop content de soi, les autres ne le sont plus, parce qu’on ne cherche plus ! on ne travaille plus ! Pense à moi quand je ne serai point là…


BARON, lui baisant la main.

Mon Dieu ! que vos mains sont froides !

Il lui met son manchon.

MOLIÈRE.

Ce n’est rien, ce n’est rien ! partons. Je me réchaufferai en marchant. Armande est-elle enfin prête ?


MADELEINE.

Je cours lui dire que vous l’attendez.

Elle sort par le côté.

MOLIÈRE.

Moi, je vais donner les ordres pour la représentation de demain.

Il sort par le fond du théâtre.




Scène IX



BARON, seul.

Je ne sais point si j’ai l’esprit frappé ! mais il me semble qu’il touche à son heure suprême ; et sa femme ne s’en alarme point !