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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/442

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MOLIÈRE.

Oh ! non, jamais vous ! vous êtes un si pur diamant, que, quand on s’y regarde, on n’y voit point ses propres fautes ; votre éclat les consume. Ah ! que de bien vous m’avez fait, sans vous lasser de mes souffrances ! comme vous m’avez soutenu dans les détresses de ma passion ! comme vous m’avez guéri par mon propre amour, quand la jalousie me sollicitait à la violence ! comme vous m’avez relevé mon idole quand j’étais tenté de la briser !


MADELEINE.

Quel est mon mérite là dedans, je vous prie ? N’est-elle pas ma sœur, ma pupille, confiée à mes soins dès son enfance, mon enfant gâtée aussi, à moi ?


MOLIÈRE.

Et il y a des misérables qui ont trouvé moyen d’inventer un inceste dans le sentiment le plus pur de nos cœurs ?


MADELEINE.

Que voulez-vous dire, Molière ?


MOLIÈRE.

Rien, rien ! Nous-parlerons de cela plus tard. Pour aujourd’hui, je veux vous recommander ma fille, votre filleule, ma petite Madeleine, la joie de ma vie et le souci de ma mort. Veillez sur elle, mon amie ; faites-la modeste, courageuse et bonne comme vous. Qu’elle ne songe point à plaire aux hommes, qu’elle songe à faire le bonheur d’un seul. L’affection ! la bonté ! oh ! une femme bonne ! et on souhaite autre chose !… Voici Baron. Soyez calme, ma sœur, je suis résigné à mon sort… (À Baron.) Approche-toi.




Scène VIII


BARON, MOLIÈRE, MADELEINE.




MOLIÈRE, leur prenant la main à tous deux.

Et à présent, mes enfants, que je me sens tranquille et soumis à toutes choses, je veux vous bénir dans le cas de quel-