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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/362

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MOLIÈRE, riant.

Non, je m’exerce à la scène de comédie que je vais jouer tout à l’heure.


PIERRETTE, riant.

Tiens, c’est vrai, c’est comme dans votre Mariage forcé, où Sganarelle ne veut point avoir l’âge que son compère prétend lui prouver. Mais vous n’êtes point si barbon que Sganarelle, et vous n’êtes point si fou que de songer comme lui au mariage.


MOLIÈRE.

Pourquoi donc n’y songerais-je point ?


PIERRETTE.

Parce que vous y avez toujours été contraire.


MOLIÈRE.

Ce n’est point une raison.


PIERRETTE.

Oh bien, si vous vous ravisez, je ne connais qu’une femme pour vous : c’est mademoiselle Béjart.


MOLIÈRE.

Armande ? Es-tu folle ?


PIERRETTE.

Oh ! que nenni ! celle-ci est trop jeune et trop amoureuse d’elle-même. Mais mademoiselle Béjart l’aînée, qui est un peu plus mûre et encore jolie femme, da ! C’est une personne, voyez-vous, qui a du cœur, du courage et de l’esprit quasiment autant que vous.


MOLIÈRE.

Pauvre Madeleine !


PIERRETTE.

Eh bien, monsieur, est-ce que vous ne l’aimez point ?


MOLIÈRE.

Si fait, de tout mon cœur, autant que je l’estime. Mais je n’eus jamais pour elle qu’une honnête amitié.


PIERRETTE.

Eh bien, monsieur Molière, quelle sorte d’amitié voulez-vous donc avoir pour votre femme ?


MOLIÈRE.

Tu as raison, Pierrette. (À part.) Cette fille-là a des mots