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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/330

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BRÉCOURT.

Je songe d’abord à ceux de mon espèce.


DUPARC

Notre espèce est la pire de toutes, Brécourt ! Les hommes ne valent rien !… Çà, viennent-ils, nos compagnons ?


BRÉCOURT, regardant au fond du théâtre en se penchant sur les rochers.

Notre chef monte la côte, et ces dames viennent de leur pied léger, battant les buissons comme des écoliers en vacances.


DUPARC.

Oui, oui, selon leur coutume, toujours riant, caquetant ou bayant aux corneilles, du temps qu’on crève de faim et de soif à les attendre ! j’ai l’estomac creux comme un rebec ! Allons, je vas mettre ce pauvre cheval à l’ombre ; mes chiens ont déjà trouvé le bon endroit.

Il sort avec le cheval.




Scène II



BRÉCOURT, seul.

Qui croirait que ce misanthrope est, sur les planches, le plus beau rieur de la troupe ? Le public ne se doute guère de l’humeur véritable du joyeux Gros-René ! le public ne sait point que le masque qui rit et grimace est souvent collé au visage du comédien par ses pleurs !




Scène II


BRÉCOURT, PIERRETTE, très-pauvrement vêtue avec un jupon rapiécé.




PIERRETTE, entrant de droite à reculons et parlant vers la coulisse.

Allons, mesdemoiselles, soyez belles et sages, et n’allez point courir dans les blés pour y gâter vos beaux habits.