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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/305

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tion et ta paresse, avec ton argent et la honte de me l’avoir offert.


fauveau.

Ça c’est bien ! vrai ! Ça fait honneur à un pauvre homme de pouvoir parler comme ça.


la mère fauveau.

Oui, c’est bien, père Rémy, c’est bien.


rose.

C’est bien parler et bien agir.


denis, écrasé par tous les regards et se débattant contre la honte.

C’est donc comme ça ? Voilà le piège que vous m’avez tendu pour mettre tout le monde contre moi ? Oh da ! il faudra bien que je trouve un moyen de vous fermer la bouche !… Je ne sais pas encore ce que je ferai pour ça… mais j’y réfléchirai et je trouverai quelque chose… À quoi vous ne vous attendez point, ni moi non plus !

Il se retourne pour sortir.

rémy.

En attendant, vous allez trouver la porte pour sortir d’ici, pas vrai ?


denis, revenant.

Vous pensez me renvoyer comme ça, tout penaud, tout écrasé, tout mortifié ? Eh bien ! c’est ce qui vous trompe, et je vas vous montrer que je vaux mieux que vous ne voulez le croire. Père Rémy, faites attention. Claudie, veux-tu me dire que tu m’aimes toujours, que c’est pour moi que tu as refusé d’en écouter d’autres, (mouvement de Sylvain) et le diable me soulève si je ne me marie pas avec toi. (Un silence.) Eh bien ! Claudie vous ne m’écoutez point ? Je suis Denis Ronciat, et je vous offre ma main, foi d’homme ! Ah çà, dépêchons-nous pour que le diable ne m’en fasse pas dédire !


rémy, à Claudie qui est restée comme pétrifiée durant toute cette scène.

Ma fille ! entends-tu ? c’est à toi de répondre.


claudie, avec fermeté, se levant.

Mon père, pour épouser un homme, il faut jurer à Dieu de