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en mourra, soit d’un coup de colère et de folie, soit d’une languition d’ignorance et de dégoût.


fauveau, s’éloignant d’elle et répondant à son reproche.

Femme ! vous me menez trop durement ! À vous entendre, je suis un mauvais père et j’ai tué mon fils !


la mère fauveau, allant à lui avec douceur.

Non, mon homme ! mais vous avez voulu suivre vos idées d’ambition, vous avez humilié des malheureux, et voilà que Dieu vous en punit. Votre fils veut mourir, et notre maîtresse vous blâme et nous quitte.




Scène II


FAUVEAU, MÈRE FAUVEAU, ROSE, PÈRE RÉMY, CLAUDIE.




rose, derrière le théâtre.

Venez, venez, mes braves gens ! Oh ! je le veux ! Je suis la maîtresse, moi !

Elle entre et jette sa cape sur une chaise, Rémy et Claudie la suivent et restent au fond du théâtre.


la mère fauveau.

courant au-devant d’eux. Ah ! mon Dieu ! vous nous les ramenez, notre maîtresse !


fauveau.

allant vers eux lentement et s’arrêtant à mi-chemin. Ah ! tiens ! vous les avez ramenés, notre maîtresse ?


rose.

essoufflée. Et ce n’est pas sans peine. J’ai couru après eux toujours au galop ! J’ai commandé à Thomas de retourner malgré eux. Oh ! j’aurais plutôt fait verser la voiture que de les laisser fâcher comme ça contre nous ! C’est nous qui avions tort ! Vous d’abord, père Fauveau, et puis moi par suite. C’est-il la faute de ces pauvres gens si vous m’avez conte des menteries ? Tu m’entends, Fauveau ; mais je te pardonne à condition que