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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/270

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rose, se levant.

Sa fille ? oui ! Je me doutais bien qu’il était question de sa fille.


denis.

Pardi ! puisqu’elle vous a parlé ! Je le vois bien qu’elle vous a indisposée contre moi !


rose.

Je vous jure qu’elle ne m’a jamais dit un mot !


denis.

Oh ! vous lui avez promis de ne point la trahir !


rose.

Denis ! vous m’en apprenez plus que je n’en savais, et j’en devine plus que vous ne m’en dites. Vous avez trompé cette jeunesse et vous êtes sans doute cause qu’elle est dans la misère et dans la peine. Voilà pourquoi son père a refusé votre argent de la gerbaude ! Tout le monde n’a pas vu ça ! Mais je l’ai vu, moi !


denis.

Oui da ! vous avez de bons yeux ; mais vous ne voyez point tout.


rose.

Qu’est-ce que je ne vois point ?


denis, avec intention.

Vous ne voyez point que votre Sylvain, que vous croyez si franc et si rangé, en conte à cette même fille, à telles enseignes que bien du monde prétend que ce n’est point vous, mais elle, qu’il va prochainement épouser !


rose.

On dit ça ? Oh ! vous en imposez, Denis !


denis.

Demandez-le à qui vous voudrez chez vous. Hormis les parents qui ont leur intérêt à vous tromper, tout votre monde vous dira qu’il en est affolé.


rose.

vivement. Affolé de cette Claudie ?