Ouvrir le menu principal

Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/209

Cette page n’a pas encore été corrigée


le scandale du commerce avec le champi ; voilà tout ce que je veux, et je ne te réclamerai plus rien.



Scène VII


Les Mêmes, MARIETTE, qui entre doucement et les écoute.



JEAN.

Vrai, plus rien du tout ?


SÉVÈRE.

Vrai… Et les cent pistoles que tu m’as promises pour pot-de-vin de l’affaire ?


JEAN.

Cent pistoles, que vous dites ! Ah ! comme vous y allez ! si j’ai promis quelque petite chose, comme cadeau de noces, ce n’est pas moitié de ce que vous annoncez.


SÉVÈRE.

Voilà que tu renies ta parole, à présent ?


JEAN.

Non, ma tante ; j’ai promis cinquante pistoles, et vous en avez déjà reçu la moitié ; vous aurez l’autre si j’épouse Mariette, aussi vrai que voilà mon chapeau ! Mais, nom d’une trique, vous ne m’en soutirerez pas davantage, et j’agirai avec la famille de Mariette comme il conviendra à moi et à mon épouse.


SÉVÈRE.

En ce cas, j’évente la mèche, je dis tout à ta future, elle te met à la porte, je perds deux cent cinquante bons francs, mais tu perds même somme que tu m’auras toujours donnée pour te présenter et te recommander à la Mariette.


MARIETTE, se montrant.

Qu’est-ce que j’entends là ! comment, Jean Bonnin, vous auriez donné de l’argent pour me faire croire que vous m’aimiez ?


SÉVÈRE.

Oui, il en a donné ; je suis contente que ça s’explique devant vous, Mariette, et je vas tout vous raconter.