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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/207

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François.) Ah ! dis donc, François, bonjour ! Est-ce que tu as vu la Mariette, à ce matin ?


FRANÇOIS.

Bonjour, mon garçon ! je n’ai point vu Mariette ; mais je retourne à mon ouvrage, et, si je la rencontre, je lui dirai que tu es ici.

Il sort.

JEAN, souriant.

Oui, François… oui, François.




Scène V



JEAN BONNIN, seul.

Voilà un garçon qu’est bien honnête, malgré tout ce que ma tante veut en dire ! C’est qu’elle n’est point commode, ma tante ! elle veut si bien me conseiller, qu’elle me ferait passer pour une bête, et avec ça je me sens bien d’être un peu plus fin qu’elle. Si je l’avais écoutée, j’aurais gâté mes affaires, je me serais querellé avec tout le monde ; au lieu que, ménageant l’un et épargnant l’autre, j’ai mené ça par un petit chemin qui va plus droit qu’une faucille. Je vois bien que la Mariette n’est point affolée de moi, mais ça m’excite au lieu de me dégoûter, et, puisque je l’aime, nom d’une serpe ! il faudra bien qu’elle m’aime aussi. Dame, on est rusé, mais on est amoureux tout de même, et tant plus je me sens épris, tant plus je me sens madré.




Scène VI


SÉVÈRE, JEAN BONNIN.


Sévère, qui est entrée avec précipitation, lui frappe sur l’épaule.

JEAN.

Oh ! ne tapez donc pas si fort. Comment, vous voilà ici ? vous voulez donc encore une fois vous faire enseigner le chemin de la porte ?